Ne trouvez-vous pas que c’est un jour idéal pour une chasse aux oeufs avec les gnomes ?
Vous l’ignorez peut-être, mais il est de coutume qu’à cette date les gnomes s’aventurent dans les poulaillers pour y voler quelques specimens bien lourds. Ils en feront grande cuisine, conservant les coquilles pour les peindre et décorer les jardins…
Aujourd’hui, il fait bon, les enfants courent dans l’herbe et les jouets se reposent. J’entends les cloches sonner, fenêtre ouverte sur le bourg. Devant moi sur la table de travail, attendent patiemment de beaux champignons des bois dont j’avais fait conserve. Chanterelles, trompettes de la mort, cèpes, autant de parfums qui m’évoquent l’ombre du sous-bois et dont je vais bientôt m’emparer pour l’alchimie gastronomique. Dehors les poules caquètent et le coq, réveillé par leur concert désorganisé, en oublie que ce n’est plus l’aube et se met à chanter… Dimanche des campagnes qui fleure agréablement les beaux jours…
Mais me voici donc devant mes champignons. Je les ai lavés à l’eau claire. Maintenant, il me faut ciseler quatre échalotes et hacher finement une gousse d’ail. Mes échalotes vont fondre dans du beurre, la poêle gloussant de plaisir au moment d’y ajouter les champignons. Je laisse cuire le tout, sale, poivre, puis en fin de cuisson, j’ajoute l’ail et du persil. Cette petite préparation embaume la cuisine avec délice, mais il n’est pas temps d’y goûter. Je dois d’abord en faire une purée de champignons puis, dans des ramequins beurrés, je l’y répartis.
Dans chaque ramequin, je reproduis le même geste appliqué, y casser deux œufs, sans les crever. Je verse également deux cuillères à soupe de crème fraîche, un peu de sel, de poivre.
Je glisse enfin mes ramequins dans un four chaud jusqu’à ce que le blanc des œufs soit cuit.
Les fées raffolent de ce plat tout simple, plein de saveurs de nature et des richesses qu'elle recèle…
A présent, je vous laisse y goûter et apprécier par vous-mêmes.
Bon appétit mes amis !
(illustration: J-B Monge)
