salut à toi, ô voyageur en quête de rêve et de grandiose, traquant la limite de tes vies pour partir encore et toujours au-delà de toi...
tout commence par la nuit. Au départ, c'est toujours la nuit...
parce qu'on peut faire germer la lumière dans le néant, juste par un regard à l'heure de l'éveil.
le matin, sur la terre des Mac, a des odeurs bien particulières qu'on ne trouve nulle part ailleurs! la tourbe, parfum fort et vaguement âpre. odeur grasse surtout qui vous envahit la pensée à la porte du logis...
mais il n'y a pas que cela, brûlant très patiemment dans chaque demeure, comme l'identité même de ce pays. il y a autre chose qui se promène dans le vent, s'accroche à la brume et l'alourdit souvent jusqu'à la faire pleurer... il y a l'humidité. celle qui traverse les murs, monte dans vos chaussettes, tel un indésirable. l'humidité magique de l'écosse. elle est différente de tous les quotidiens. elle habille toute la terre de sa rosée avec une envie de se fondre au monde qu'elle a adopté... l'humidité est une lady qu'il faut savoir guetter pour ne point s'affaiblir. romantique est la perle sur la fleur et la feuille, mais insidieuse est la dame des eaux. comme une ondine... de tous mes matins écossais, il n'y en a pas un qui ne m'offre rien. un murmure de soleil dans les troubles brouillards... une nuée d'oiseaux noirs aux ailes de soie, prêts à voler le pain que j'oublierais... le chant têtu d'une mésange bleue ou d'un rouge-gorge posé sur une boule de verre, ces refuges de marins qui flottent sur leur vie...
parlons donc de la mer...
parce que sur une île, elle devient reine. vous n'êtes qu'un homme fou, qui croit que son rocher le protègera toujours de la colère de cette femme. la mer est belle. parfois blanche. mais souvent noire. elle est royaume des sirènes et foyer glacial des poissons d'argent. laissez-moi vous confier la mélancolique mélodie des êtres de l'eau...
